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HONFLEUR
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André Lévy
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André Lévy est un voyageur : né en 1950, il grandit et fait ses études à Paris, où il fait une thèse sur la lutte contre l’illettrisme et l’analphabétisme en Orient. Puis son amour des lettres et des langues orientales (sanskrit et araméen) le conduit, entre autres, en Inde, au Canada, au Moyen-Orient. Il rencontre Madame Gandhi, Mère Térésa, Elie Wiesel, Mgr Lustiger… Il se passionne pour l’origine et l’histoire des mots et des religions, remontant aux premiers textes connus, 9 000 ans avant Jésus. Il mène des recherches archéographiques sur l’origine de notre alphabet.
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Avertissement de l’Auteur
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les Histoires de Mots d’André LévyCadeau
Ce
mot de cadeau a une bien jolie histoire. Il vient du latin caput (« tête »)
devenu capitalis qui, débutant par la calligraphie, a naturellement désigné
la première lettre, la capitale. Dans les textes anciens, cette lettre
était fortement enjolivée. L’idée d’ornement a évolué en superflu puis
en divertissement offert à une dame (Molière). Enfin, à partir du XVIIIe
siècle, elle est devenue le cadeau que nous connaissons. Le
latin caput est à l’origine de plusieurs mots français… Chef
date du IXe siècle. Il est entré dans notre langue sous la forme
chief et désigne depuis le XIIIe siècle celui qui est à la tête. L’anglais
en a conservé une forme très proche puisque l’un des mots pour chef
est chief. Achever vient du latin populaire accapare — rien à voir avec
accaparer — qui signifie « arriver à chef, à la fin ». Capitaine,
qui signifie au Moyen-âge « chef militaire », s’est élargi à
« gouverneur, officier, patron, lieutenant de vaisseau, chef d’une
équipe sportive, d’une grande entreprise ». Chavirer, qui date du
XVIIe siècle, signifiait en provençal « tourner la tête en bas »
(capvirar). De
là à en conclure que le cadeau du chef vous rendra kaputt (« abîmé »,
« cassé » en allemand)… Candidat Pour
espérer prétendre à des fonctions publiques, qu’elles soient communales,
régionales, nationales ou européennes de nos jours, il faut être blanc.
Tout au moins s’habiller en blanc, car c’est ce que faisaient les premiers
candidats dans l’Antiquité, qui étaient tout de blanc vêtus, donc pleins
de candeur, prêts à défendre leurs couleurs – fût-ce le blanc! CarafeLa
carafe vient de l’arabe carafa et signifie, depuis l’origine, « quantité
d’eau puisée dans la main ». Les mains ne forment-elles pas la première
carafe? Cocktail Le
mot est d’origine anglaise, et plutôt argotique. Il s’agit d’une boisson,
mélange d’alcools, qui est servie lors des réceptions mondaines. Ces réceptions
ont elles-mêmes pris le nom de cocktails. Nos
amis les Anglais étant extrêmement sensibles à la sélection naturelle,
et plus particulièrement à celle des chevaux, soumettent leurs trotteurs
et leurs galopeurs à des épreuves impitoyables pour améliorer la race. Les
chevaux de race conservent une queue qui flotte au vent, alors que les
chevaux plus ordinaires ont la queue coupée. La petite touffe de crin
restante est comparée, par un humour proprement anglais, à la queue du
coq. On peut dire alors que les chevaux sont « queue-de-coquisés ».
En anglais, tail signifie « queue » ; la queue du coq devient
cocktail. Un mot est né, qui sert d’abord à nommer les hommes de mœurs
et d’origine aussi douteuses que les chevaux bâtards, puis s’attaque aux
mélanges d’alcools : whisky, cognac, gin… que l’on prépare dans un shaker. Écharpe Pour
comprendre l’histoire de ce mot, il nous faut faire un long voyage à pied,
tout comme les pèlerins sur la route de Compostelle. Cette route était
longue, de Paris à Saint-Jacques-de-Compostelle, en passant par Saint-Jean-Pied-de-Port,
Pampelune, Burgos, Ponferrada, Arzua… Les pèlerins passaient les provinces
basques, la Vieille Castille et les Asturies jusqu’à la « fin de
la terre ». Ils portaient en bandoulière leur besace faite à l’origine
en jonc (scirpus en latin), sorte de panier.
Le mot est devenu skirpja ou skarpa en francique, puis escherpe
en ancien français. Ce panier sur la hanche du pèlerin, au départ aussi
essentiel que le bâton à la main, évolue peu à peu. Le jonc cède la place
à la laine, la soie, et prend des goûts de luxe en changeant de propriétaire.
A partir du XIIIe siècle il signifie « bande d’étoffe portée
en bandoulière ou autour du cou » et se nomme écharpe. Au
fait, savez-vous que la lettre E vient de l’homme en prière ? Pour le
pèlerin, il est bienheureux que le mot écharpe en compte deux… Mimosa Que
fait une fleur sans pétales pour danser au vent? Elle mime. Le mot est
lâché. L’origine de mimosa remonte en effet aux comédiens de l’Antiquité
qui, paraît-il, étaient moqueurs, farceurs, bouffons et paillards. Ils
gesticulaient beaucoup, particulièrement en dansant aux enterrements des
grands de ce monde. Le
mimosa a la caractéristique de se contracter comme un mime, d’où son nom,
de mimus (le mime) en latin. Impossible à effeuiller comme sa sœur la
marguerite, allez donc savoir ce que pense une fleur sans pétales ! Miroir De
l’araméen merraaya, devenu mira en espagnol (mirar signifie regarder). A l’époque de l’invasion de l’Espagne par les Maures
(XIIe siècle), un sultan se mire dans une flaque d’eau. Or l’eau est rare
dans cette région du Sud de l’Espagne et se mirer est aussi s’étonner,
d’où l’idée de s’admirer. Plus cela est étonnant, plus cela tient du miracle…
De là à se voir comme une merveille… A l’emplacement où le sultan s’est
miré, une ville se construit bientôt, que l’on nomme Almeria, à l’époque
concurrente de la ville de Grenade. Oiseau Du
latin avis. Mais qu’est-ce qu’un oiseau? C’est un petit animal qui fend
l’air de son aile. Si l’aile, en hébreu, se dit kenaf, en anglais knife
signifie « couteau ». Le
mot oiseau a une autre particularité : c’est le seul nom commun de la
langue française à posséder toutes les voyelles, articulées autour d’un
S qui n’est autre que sa colonne vertébrale. Si quelqu’un parmi vous,
chers lecteurs, en trouve un second, qu’il n’hésite pas à me le faire
savoir… « Avis » à la population… |
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Allaitement Lorsqu’un poisson vient de naître, la mer lui donne le sein. Amère Une vague sans sel ! Amphore De la vase encore et encore ! Anachronismes Coquilles… âge ! Au-berge Petite maison au bord de l’eau. Aumône Celui qui pratique « l’eau-mône » ne peut en sortir que rafraîchi. C’est la seule eau dans laquelle personne ne se noie. Bateaux Seuls ceux qui se mouillent ont une chance d’arriver à bon port. Blessure Les mots blessants ne se lavent qu’à l’eau salée, en les jetant à la mer. Brouillard Brume mal élevée ! Chambre
d’hôtel Elle a vue sur mer… et ouï-dire ! Contre-nature Ouragan ! Eau L’eau, de nos jours, est une source d’inquiétude. Etang Un vaisseau sanguin de la mer qui a éclaté. Etoile Dans l’« o » est son cœur. La
Mer Raconte-moi tes réci(f)s ! Maquereau Trottoir des mers ! Mer Lorsque la mer se lave, elle laisse longtemps couler l’eau. Noyade L’homme s’est noyé dans une vague sensation… Regard Lorsque je veux voir loin, je ferme les yeux. Religieux Il ne savait pas où loger : il a pris une chambre d’autel. Tempête Les ailes en mouvement d’un azur contrarié. Titre (écueil de poèmes) Traîtres Les traîtres sont comme les crabes : ils sont reconnaissables à leur manière de se tenir toujours de profil, jamais de face. |
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